15.09.2009

Joyeux anniversaire la crise

debord.gifLes journalistes vous diront qu'aujourd'hui c'est "l'anniversaire de la crise". En ce 15 septembre 2008, Lehman Brothers se cassait la gueule, emportant avec lui le domino de la finance mondiale. Si bien sur Le Monde corrige son article pour lequel je m'apprêtais à bondir en expliquant que la dite "crise" débute en août 2007 sous fond de subprimes, il n'en reste pas moins que la datation frauduleuse des organes de presse démontre l'inintelligence des journalistes. Ou plutôt, leur participation avouée à la société du spectacle, cette dernière voulant qu'un évènement s'autogénère lui-même en anniversaire et commémorations. Je range mon petit Debord illustré pour avoir une vision plus globale de la dite "crise". Depuis que je suis né, nous sommes en pleine crise. Et même l'année extraordinaire qu'est l'an 2000 n'eut été qu'un épiphénomène dans le cycle quand l'année 2001 provoquait un vent de panique sur les places boursières (d'ailleurs sensiblement secouées avec la crise asiatique de 1997). A quand bien le chômage reculait les années suivantes, les observateurs et analystes économiques s'enflammaient sur la précarité et la paupérisation croissante. Bref, "des paroles, des paroles, des paroles" pour signifier qu'il importe peu aux acteurs de l'économie qu'il y ait la crise car nous vivons de fait dans une crise perpétuelle. Celui qui n'a jamais rien pigé à l'économie s'en étonnerait mais il ne peut exister de fiabilité dans un système qui est faillible par définition. A l'inverse des révolutionnaires de salon, je n'estime pas que ce soit la faute du système mais - je ressors mon petit Debord illustré - de la société du spectacle qui trouve une raison et une justification à l'aliénation générale.

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